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ldeacfbLe véritable exode d'enfants et d'adolescents français vers les structures d'accueil belges témoigne du retard français dans la prise en charge de l'autisme. Le combat actuellement mené par les associations de parents dans notre pays s'est déroulé en Belgique il y a plus de vingt ans et a permis la mise en place des méthodes efficaces ainsi que des centres adaptés.

La psychanalyse lacanienne exerce pourtant toujours en Belgique, dans certains centres subsidiés par l'État, et dans lesquels les professionnels qui s'en réclament proposent des prises en charge inadaptées voire maltraitantes aux autistes, avec les tristes conséquences que sont le sur-handicap, les troubles graves du comportement et l'exclusion.

1. Ce phénomène était dénoncé quelques jours après la condamnation de Sophie Robert en janvier dernier, dans un premier communiqué signé par plusieurs associations dont la Ligue des Droits de l'Enfant.

2. Trois mois plus tard, une conférence de presse qui s'apparente davantage à un forum est organisée par l'ACF-Belgique, ramification belge de l'école de la cause freudienne de Jacques-Alain Miller. Une militante de la Ligue des Droits de l'Enfant y est interpelée et prise à parti devant une assistance acquise aux organisateurs. Le même jour paraît un deuxième communiqué (relayé par lacanquotidien) signé par le président de l'ACF-Belgique dans lequel ce dernier déclare que la Ligue des Droits de l'Enfant s'est abusée et retire sa signature du premier communiqué alors qualifié d'infamant.

3. Une semaine plus tard, la Ligue des Droits de l'Enfant publie un troisième communiqué, signé de son président, dans lequel celui-ci réfute le deuxième communiqué et réaffirme son soutien au premier. Il y dénonce les pressions inacceptables et la désinformation exercée par de l'association de la cause freudienne, et déclare n'avoir jamais connu de telles dérives en dix-neuf années de militance.

Le pays change mais les méthodes demeurent…

Pour d'autres mensonges lacaniens, lire l'article de Jacques Van Rillaer et Lacânerie du mois de mai

 


1. Premier communiqué : "Pour une prise en charge adaptée des personne avec autisme !"

Ce jeudi 26 janvier, le tribunal de Lille a rendu son verdict au sujet de la plainte déposée par trois psychanalystes dans le cadre du film documentaire de la réalisatrice française Sophie Robert : « Le Mur : la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme ». En résumé, les plaignants, interviewés dans le cadre du film, estimaient leur propos dénaturés. Le tribunal leur a donné raison et le film ne pourra plus être diffusé en l’état.

Nous ne rentrons pas ici dans le bien fondé de la plainte et du jugement, mais nous signalons que, dénaturés ou pas, les propos des quelques vingt psychanalystes qui ont participé au tournage du film ressemblent fort, sinon mot pour mot, à ceux que nous entendons encore régulièrement dans la bouche de nombreux « professionnels » de la santé, aussi bien belges que français.

C’est pour cela que le débat se déplace sur la question de la prise en charge de l’autisme et que nous intervenons aujourd’hui :

• pour soutenir la réalisatrice Sophie Robert et les associations de parents qui dénoncent la mauvaise prise en charge de l’autisme en France ;

• pour tirer la sonnette d’alerte dans notre pays, et plus particulièrement en Belgique francophone, car nous subissons encore l’influence de conceptions de l’autisme révolues et nuisibles pour l’évolution de nos enfants.
 
L’autisme est généralement vu par la psychanalyse comme un trouble de la relation précoce entre l’enfant et sa mère dont l’adulte est tenu « responsable » (mère pas assez bonne, mère dévoratrice et fusionnelle ou mère trop distante et froide, …). Cette vision n’est pas corroborée par les milieux scientifiques ni par des études rigoureuses. Quelques « études de cas » ne suffisent pas à la cautionner. La communauté scientifique internationale s’accorde sur l’origine biologique et génétique de l’autisme et la recherche scientifique a permis de mettre en évidence toute une série d’anomalies neurologiques dans le cerveau des personnes autistes. Qui plus est, les témoignages des « autistes de haut niveau » (comme le Pr. Temple Grandin) font état d’un fonctionnement cérébral et mental très différent du nôtre (des personnes dites « normales ») dont il faut tenir compte lorsque l’on intervient auprès des enfants et adultes concernés. L’autisme ne se guérit donc pas mais les méthodes éducatives, développées depuis plus de trente ans dans le monde entier, ont prouvé leur efficacité en matière d’amélioration des symptômes, permettant aux personnes autistes de s’adapter à notre monde et d’y évoluer au mieux de leurs possibilités.
 
Les associations de parents français dénoncent et luttent contre la quasi omniprésence de la psychanalyse dans les centres et services français destinés à la prise en charge de l’autisme. Ce même combat a été porté en Belgique il y a vingt ans par nos associations de parents ainsi que par certains professionnels avisés, ce qui a permis d’introduire dans les écoles belges des programmes d’apprentissage basés sur des méthodes éducatives adaptées et de créer des Centres de Référence de l’Autisme en 2005. C’est ainsi que depuis plusieurs années, nous observons dans notre pays un véritable exode d’enfants, adolescents et surtout adultes autistes français, venus chercher chez nous des milieux d’accueil adaptés.
 
Mais plusieurs professionnels belges, se réclamant entre autres de la psychanalyse lacanienne, n’ont pas rebroussé chemin et poursuivent leurs interventions inadaptées dans le cadre de centres subsidiés par l’État belge, aussi bien au niveau fédéral que régional. Pire, ils commencent à y introduire des pratiques douteuses importées de France comme le « packing », une version moderne de la douche froide et de la camisole de contention (pratique prétendant réduire les angoisses par l’enveloppement de la personne dans des draps mouillés très froids, et censée apporter un apaisement). Ces prises en charge inadaptées, voire maltraitantes, causent des conséquences lourdes au niveau humain et financier. Le défaut d’éducation cause chez les personnes autistes des dégâts immenses, notamment des sur-handicaps et des comportements inadaptés et dangereux. Nombreux sont les adultes qui, non éduqués pendant l’âge scolaire, se voient exclus des centres pour personnes handicapées. Leurs seules possibilités d’accueil sont dès lors la maison de leurs parents ou hôpital psychiatrique !
 
Ce que nous affirmons est documenté et peut être vérifié. Dans les mois qui viennent, nous susciterons le débat en Belgique car nous exigeons pour nos enfants autistes des prises en charge adaptées et respectueuses de leurs droits fondamentaux d’êtres humains, et refusons le retour des méthodes d’un autre âge !
 
AFrAHM - Association Francophone d’Aide aux Handicapés Mentaux
APEPA - Association de Parents pour l’Epanouissement des Personnes avec Autisme
Autiproches
Grandir Ensemble
Inforautisme
Ligue des Droits de l’Enfant
Ligue des Droits des Personnes Handicapées
Le Collectif des Démocrates Handicapés - France
 
La Ligue des Droits de l’Enfant en Belgique,

Signataire d’un communiqué de l’APEPA (Association de Parents pour l’Epanouissement des Personnes avec Autisme) infamant pour les professionnels belges se réclamant de la psychanalyse lacanienne et réclamant la seule prise en charge de l’autisme par des méthodes comportementales auprès des autorités politiques et des médias,

Reconnait publiquement lors de la Conférence de Presse « Pour un abord clinique de l’autisme » convoqué par l’ACF-Belgique ce samedi 28 avril 2012, par l’intermédiaire de Pascale Biot, permanente de la Ligue des Droits de l’Enfant, s’être pour une part abusée et déclare soutenir la liberté de choix et la diversité des méthodes d’accompagnement des personnes avec autisme – ce qui ne peut entrainer, de fait, que le retrait de sa signature du dit-communiqué.

Yves Vanderveken

Président de l’ACF-Belgique


3. Troisième communiqué : La Ligue réaffirme son soutien à l’appel "Pour une prise en charge adaptée des personnes avec autisme"

La Ligue des Droits de l’Enfant réfute le communiqué de l’ACF-Belgique du 28 avril 2012 prétendant qu’elle reconnaîtrait « s’être abusée » en signant le communiqué de presse collectif du 31 janvier dernier.  « Pour une prise en charge adaptée des personnes avec autisme » et en concluant au « retrait de sa signature du dit-communiqué. La Ligue s’indigne que l’Association  de la cause Freudienne se permette de communiquer sur des prétendues prises de position de la LDE en lieu  et place de celle-ci. Il s’agit purement et simplement de désinformation !

L’ACF-Belgique a cru pouvoir interpréter les réponses d’une de nos bénévoles, simplement invitée à venir assister à ce qui nous était présenté comme une conférence de presse » (en réalité plus un «forum» qu’une conférence de presse) et au cours de laquelle, contrairement à toute éthique, elle a été interpellée et prise à parti sur un dossier qu’elle ne connaissait pas spécifiquement et dont elle ne pouvait, très logiquement, répondre. Face à 180 participants acquis aux organisateurs, la méthode était indigne !

Contrairement aux affirmations de l’ACF, la Ligue n’a jamais remis en cause son soutien à l’appel « Pour une prise en charge adaptée des personnes avec autisme » La Ligue défend le droit de tous les enfants et, de ce fait, prend et défend les positions qui lui paraissent les plus appropriées à l’intérêt supérieur des enfants. La Ligue agit seule ou en concertation avec des associations partenaires au sein des différentes plates-formes associatives qu’elle anime ou auxquelles elle participe, ce qui est présentement le cas. Imaginer que la Ligue des Droits de l’Enfant puisse se désolidariser d’un appel qui, en ce qui nous concerne, vise à améliorer la prise en charge des enfants avec autisme, est complètement insensé.

Les pressions qu’a subies la LDE pour qu’elle retire sa signature sont totalement inacceptables. Nous pouvons comprendre que l’on ne partage pas nos positions et respectons toutes les divergences d’idées pour peu qu’elles soient respectueuses des droits de l’enfant et du débat démocratique. Nous voulions rester ouverts et à l’écoute des opinions diverses. Malheureusement, en nous attirant sur fausse invitation, l’ACF-Belgique a fait le choix de l’intolérance et du non dialogue. Pire, s’exprimant en notre nom, elle, elle a montré le mépris qu’elle témoigne à notre association mais également à tous ceux qui pensent autrement qu’elle. . En dix-neuf années de militance au nom des droits  fondamentaux de tous les enfants, jamais nous n’avons connu de telles dérives.

L’ACF a fait le choix de ne pas vouloir débattre démocratiquement. Nous en prenons acte. Nous restons cependant à l’écoute de toute autre institution, association ou personne, dans le cadre d’un respect mutuel, des pratiques les plus élémentaires du débat démocratique, mais surtout et avant tout de l’intérêt supérieur de tous les enfants concernés. La Ligue des Droits de l’Enfant n’acceptera jamais quelque pression ou tentative de manipulation que ce soit.

Jean-Pierre Coenen

Président de la Ligue des Droits de l’Enfant